|
2-Que se passe-t-il ?
Certaines modifications des gènes et des chromosomes des
cellules de la moelle peuvent provoquer un dérèglement
des cellules entraînant une multiplication exagérée
des lymphoblastes. Le tout aboutit à la formation d'un
clone de lymphoblastes tous identiques et ne pouvant se transformer
en lymphocytes.
Dans une LAL les blastes bloqués dans leur maturation peuvent
suivre deux voies :
-- les blastes prolifèrent de façon exagérée.
-- les blastes ne meurent plus et s'accumulent dans la moelle
puis dans le sang.
Il s'en suit une anémie, une diminution du nombre de plaquettes
et des globules blancs normaux.
3-fréquence :
Les LAL sont plus fréquentes chez l'enfant que chez l'adulte
: 75 % environ des cas rapportés surviennent chez des patients
de moins de 18 ans avec un pic de fréquence entre 2 et
5 ans.
La LAL peut être constituée de lymphoblastes de type
T ou de type B.
La classification des types de cellules est importante puisqu'elle
aide à déterminer le meilleur traitement à
appliquer dans chaque type de leucémie. D'autres marqueurs
sur les lymphoblastes peuvent être détectés
avec limmunophénotypage.
Les LAL de type B représente 75 % des cas chez l'enfant.
Les LAL de type T 25 % environ.
4-Causes et facteurs de risque :
La cause des LAL n'est pas évidente. Peu de facteurs ont
été associés à un plus grand risque
de développer la maladie. L'exposition aux doses élevées
d'irradiation en est une.
5-Circonstances de diagnostic :
La plupart des patients peuvent se sentir fatigués et avoir
un teint pâle à cause de l'anémie. Il peut
y avoir des signes de saignements (des petits points rouges sur
la peau appelés pétéchies ou encore des hématomes)
à cause du manque de plaquettes. Des douleurs osseuses
peuvent se produire. La fièvre, en l'absence d'une cause
évidente, est possible. Les lymphoblastes peuvent s'accumuler
dans le système lymphatique, et des ganglions peuvent apparaître.
6-Comment se fait le diagnostic :
L'examen de la formule numération sanguine au microscope
peut montrer la présence des lymphoblastes dans le sang.
Lexamen microscopique de la moelle osseuse (myélogramme)
est essentiel et permet de poser en premier le diagnostic, en
confirmant la présence des cellules leucémiques
(blastes).
Le sang et/ou les cellules de la moelle sont également
étudiés pour déterminer la forme des chromosomes
(examen cytogénétique), limmunophénotypage,
ainsi que d'autres études spécialisées, si
besoin.
Les anomalies du phénotype et des chromosomes sont des
éléments très importants dans l'approche
du traitement et pour déterminer l'intensité des
chimiothérapies à employer.
7-Indicateurs pronostics :
Lidentification de facteurs pronostiques est essentielle
pour adapter le traitement.
On peut diminuer lintensité du traitement dans les
formes les plus favorables et ainsi réduire le risque potentiel
de séquelles dues à la chimiothérapie.
Par contre on peut l'augmenter dans les cas les plus graves.
-- l'âge au diagnostic est un critère retrouvé
dans toutes les études avec un bon pronostic pour les enfants
de 1 à 9 ans.
-- la masse tumorale au diagnostic est un facteur pronostique
indépendant. La présence d'un nombre de globules
blancs inférieur à 50 000 par millimètre
cube est de meilleur pronostic.
-- une bonne réponse initiale au traitement par chimiothérapie
ou à la corticothérapie est un facteur de pronostique
favorable.
-- la maladie résiduelle négative après la
chimiothérapie d'induction est un facteur de pronostique
favorable.
-- certaines données du caryotype peuvent être de
bons ou de mauvais pronostic.
8-Traitement :
Le traitement des LAL de l'enfant a considérablement évolué
entre les années 1960 et 2000, permettant une survie sans
événements de plus de 75 % à 5 ans. Depuis
les vingt dernières années se développent
des essais multicentriques comportant des polychimiothérapies
séquentielles, adaptées au risque.
Les LAL sont cependant des maladies très hétérogènes
et les chances de guérison sont variables en fonction des
critères pronostiques précédemment décrits.
Des protocoles spécifiques à chaque sous-groupe
sont en cours d'évaluation.
Le traitement se fait selon le schéma suivant :
-- la chimiothérapie d'induction :
elle vise à obtenir une rémission complète
clinique et cytologique et repose classiquement sur les corticoïdes
ainsi que sur la polychimiothérapie. Il y est souvent associé
un traitement par chimiothérapie intrathécale (injection
de chimiothérapie dans le système nerveux central
par ponction lombaire). La réduction rapide du nombre de
blastes dans le sang et la moelle est un facteur de bon pronostic.
-- la chimiothérapie de consolidation et intensification.
-- la chimiothérapie d'entretien :
elle repose classiquement sur un traitement continu de chimiothérapie
par voie orale pour une durée totale de deux à trois
ans.
-- la greffe de moelle osseuse :
Elle est réservée à certaines LAL ou
la chimiothérapie seule ne suffit pas.
D'importants progrès sont actuellement faits dans le développement
des traitements visant à cibler sélectivement les
cellules leucémiques. Ces nouvelles thérapeutiques
offrent de nouveaux espoirs pour les malades atteints de la leucémie
aiguë. Elles diffèrent, en effet, des précédents
concepts qui reposent uniquement sur l'administration de la chimiothérapie.
Avertissement
Les informations ci-dessus ne sont pas exhaustives.
Nous vous les présentons simplement à titre consultatif.
Votre médecin est seul apte à vous donner les conseils
qui s'appliquent précisément à votre cas.
|