Le lymphome est une tumeur du système lymphatique. Comme
pour la leucémie, il ny a pas seulement un seul type
de lymphome, mais plusieurs.
1-Le système lymphatique :
Il est essentiellement constitué de vaisseaux lymphatiques
souvent accolés aux vaisseaux sanguins. Son rôle
est de véhiculer les lymphocytes (cellules de la moelle
et du sang mais aussi et surtout de la lymphe) dans lorganisme
afin quils puissent y jouer leur rôle immunitaire.
Ce système lymphatique est constitué de relais ganglionnaires
où se concentrent les lymphocytes. Les ganglions se trouvent
surtout au niveau du cou, des aisselles, des aines, de labdomen
et dans le médiastin (entre les 2 poumons). Le système
lymphatique se trouve dans tous les organes, les amygdales et
la rate en font partie intégrante.
2-Que se passe-t-il ?
Le lymphome peut se manifester par laugmentation de la taille
dun seul ou de plusieurs ganglions ou encore par une tumeur
du système lymphatique dans un organe. Il y a ce que lon
appelle prolifération clonale dun genre de lymphocytes.
En dautres termes, et de façon schématique,
une sorte de lymphocyte du système lymphatique se divise
à linfini pour produire des lymphocytes identiques,
en grande quantité, de manière à donner une
tumeur.
3-Y a-t-il une cause ?
Lapparition dun lymphome peut nêtre liée
à aucune cause extérieure. Dans certains cas, des
personnes porteuses de certains virus peuvent avoir une défense
immunitaire affaiblie provoquant lémergence du lymphome.
4-Fréquence :
Les lymphomes sont en constante augmentation du fait du vieillissement
de la population mais aussi de certains facteurs environnementaux.
Ils atteignent surtout les personnes âgées et sont
rares chez lenfant mais deviennent de plus en plus fréquents
après 30 ans. Actuellement il existe près de 10000
nouveaux cas par an en France.
5-Symptômes :
Les symptômes décrits ci-dessous ne sont pas spécifiques
du Lymphome. Il est donc impératif de consulter le médecin
qui se chargera de faire le diagnostic. La présence dun
gros ganglion, par exemple, est souvent dorigine infectieuse.
le plus souvent il y a présence dun ou de plusieurs
ganglions palpables au niveau du cou, des aisselles ou des aines.
Une rate palpable
certains signes peuvent aussi être présents :
une perte de poids, de la fièvre, des sueurs ou de la
fatigue.
6-Le diagnostic : Pour faire le diagnostic, il est essentiel de pratiquer une
biopsie-exérèse dun ganglion malade et de létudier
au microscope. Lintervention peut se faire sous anesthésie
locale si le ganglion est superficiel, ou anesthésie générale
si le ganglion est dans labdomen ou entre les poumons.
Lexamen au microscope permettra de faire le diagnostic exact
de lymphome et den préciser le genre. Ainsi on peut
définir le traitement le plus approprié.
Il faut bien sûr compléter le tout par des examens
comme le caryotype, le phénotype et la biologie moléculaire.
Un bilan dextension est effectué pour bien localiser
toutes les atteintes tumorales. Un scanner du corps entier est fait
pour détecter tout ganglion ou masse suspecte, ainsi quune
batterie dexamens sanguins et une biopsie de moelle osseuse.
Tous ces examens seront nécessaires pour évaluer plus
tard la réponse au traitement.
7- Les genres de lymphomes :
Il existe des dizaines de types de lymphomes. Pour simplifier les
choses nous
les classerons de la façon suivante :
Les Lymphomes Non-Hodgkiniens (LNH), on peut les
diviser en 2 catégories :
Les LNH indolents : ils sont peu agressifs, leur évolution
est lente mais ils sont assez résistants à la
chimiothérapie. La survie dun malade est longue
mais la guérison moins fréquente. Dans ce genre
de maladie, il faut apprendre à vivre avec sa maladie
et une proportion non négligeable de ces malades souvent
âgés, décèdent dune autre
cause.
Parmi ces LNH, le plus fréquent est le lymphome folliculaire.
Les LNH agressifs : leur évolution est rapidement
mortelle sils ne
sont pas rapidement pris en charge. Ils répondent bien
à la chimiothérapie. La guérison est fréquente
et possible et les premiers mois du traitement sont un cap délicat
à passer. Parmi ces LNH le plus fréquent est le
Lymphome à grandes cellules. Le Lymphome de Burkitt, qui
est une urgence thérapeutique est très agressif
mais très sensible à la chimiothérapie.
La maladie de Hodgkin (MDH) :
Elle porte le nom de celui qui la découverte.
Cest le premier type de Lymphome décrit en médecine.
Elle est caractérisée par la présence dune
cellule de Sternberg dans les tissus malades.
Cette maladie atteint plutôt les sujets jeunes âgés
de 20 à 30 ans avec souvent la présence de ganglions
de la base du cou ou dans le thorax avec des sueurs, de la fièvre
et une perte de poids. Le diagnostic se fait de la même
façon que pour les LNH, mais son traitement est spécifique.
Le taux de guérison de cette maladie est généralement
très élevé mais reste dépendant
de plusieurs facteurs de classification, dont lâge
et le stade.
8- Le traitement :
Une fois le bilan dextension et le bilan biologique faits,
léquipe médicale peut décider du traitement
le mieux adapté à chaque lymphome.
Les principaux critères reconnus sur lesquels se basent les
médecins sont les suivants :
Le type de lymphome.
Lâge du malade.
Le stade de la maladie.
Le taux de LDH.
Ces critères forment tous ensemble lindex pronostic
international (IPI). Cet IPI détermine ainsi la gravité
du lymphome et la nécessité ou non de faire un traitement
lourd ou moins lourd.
Le traitement se fait actuellement par des cycles de poly-chimiothérapie
associés ou pas à de la radiothérapie ou encore
à un anticorps monoclonal.
Un cycle comporte une infusion, à lhôpital, de
plusieurs agents de chimiothérapie pendant quelques jours
(1 à 5 jours). L'association de plusieurs médicaments
est utilisée pour vaincre les résistances des cellules
du lymphome.
Cette période est suivie dune aplasie plus courte que
lors des leucémies (7 à 15 jours). Trois à
12 cycles espacés de 2 à 4 semaines sont généralement
administrés.
Le premier objectif du traitement est dobtenir une réponse
complète après plusieurs cycles. Si elle est atteinte,
on pratique alors une chimiothérapie de consolidation. Si
la réponse est partielle on peut modifier la chimiothérapie
et/ou la renforcer par une greffe. Souvent ce sont des autogreffes
qui sont pratiquées.
Vu le grand nombre de LNH et la spécificité de chacun
il est impossible de détailler ici tous les traitements.
Avertissement
Les informations ci-dessus ne sont pas exhaustives.
Nous vous les présentons simplement à titre consultatif.
Votre médecin est seul apte à vous donner les conseils
qui s'appliquent précisément à votre cas.