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La chimiothérapie peut se faire entièrement
à l'hôpital, lhospitalisation peut être
de courte ou de longue durée. Cependant, le traitement
peut, dans certains cas, être administré à
l'hôpital de jour ou à domicile, une infirmière
qualifiée venant poser la perfusion.
Le choix du traitement, ou protocole thérapeutique est
fonction des particularités de la maladie. Les protocoles
sont nombreux et sont expliqués au malade en détail
avant le début du traitement.
Avant d'être appliqués, les nouveaux traitements
doivent avoir fait la preuve de leur efficacité. Ils font
donc l'objet de protocoles de recherche testés sur des
sujets volontaires selon des procédures scientifiques rigoureuses.
La participation à de tels protocoles de recherches est
contrôlée par la loi. Chaque volontaire après
avoir reçu une information écrite et une explication
de la part de léquipe médicale, signe un consentement.
2-Comment l'administrer :
La chimiothérapie se fait essentiellement par voie intraveineuse
pour permettre la diffusion rapide des médicaments. La
durée de perfusion varie de quelques heures à plusieurs
jours. Ces produits pouvant être toxiques pour les petites
veines, la pose d'un cathéter central au niveau des grosses
veines est nécessaire. En cas de douleur pendant la chimiothérapie,
il faut prévenir linfirmière pour arrêter
la perfusion et vérifier s'il n'y a pas eu fuite du produit
en dehors de la veine.
Le cathéter veineux central est posé par un médecin
anesthésiste au bloc opératoire sous anesthésie
locale au niveau des grosses veines de la base du cou (la veine
sous-clavière).
3-Les effets secondaires :
D'importantes avancées ont permis ces derniers temps de
réduire considérablement les effets secondaires,
notamment les nausées et vomissements.
Cependant, s'ils sont moindres, certains effets secondaires demeurent
inévitables.
a- la toxicité hématologique : la chimiothérapie
élimine les cellules malades mais aussi les cellules saines
de la moelle osseuse. La production médullaire de globules
blancs, de globules rouges et de plaquettes est alors diminuée
pendant quelques jours.
- neutropénie : le nombre des globules blancs appelés
polynucléaires neutrophiles est diminué, c'est l'aplasie.
Pendant ces quelques jours il y existe un risque infectieux. Des
antibiotiques peuvent être prescrits et utilisés
en cas de fièvre. Des facteurs de croissance granulocytaires
peuvent être prescrits pour limiter la durée de cette
neutropénie.
- anémie : la diminution de production de globules rouges
par la moelle entraîne une anémie que l'on peut voir
sur les examens de sang.
- thrombopénie : c'est la diminution du nombre de plaquettes
produites par la moelle. Il existe dans ce cas un risque hémorragique.
Cette toxicité hématologique nécessite donc
une surveillance régulière par des prises de sang
afin d'éviter une anémie ou une thrombopénie
très forte (cf. plus bas).
b- la constipation
c- la mucite ou aphtes : les aphtes de la bouche sont
assez fréquents et liés à la nature et aux
doses du produit de chimiothérapie. Les bains de bouche
préventifs, les traitements antifongiques et anti-herpès
peuvent être nécessaires. Des gels antalgiques ou
anesthésiques peuvent être appliqués sur la
gencive. Si l'alimentation est impossible pendant plusieurs jours,
une hospitalisation peut être nécessaire.
d- les nausées et vomissements : ce problème
est actuellement bien prévenu par l'administration systématique
de traitement anti-nauséeux durant la chimiothérapie
et même à domicile.
e- la perte des cheveux : elle est aujourd'hui beaucoup
moins fréquents qu'auparavant. L'alopécie survient
dix à quinze jours après la chimiothérapie.
Elle n'est pas définitive. Les cheveux repoussent une fois
le traitement terminé. Dans certains cas (maladie de Hodgkin),
une prévention par casque réfrigéré
peut-être un effectuée durant la perfusion.
La perte des cheveux constitue toujours un traumatisme. Pour éviter
une transition trop brutale, il est conseillé de se faire
couper les cheveux avant la chimiothérapie. Le port d'une
perruque peut, le temps de la repousse, pallier le problème.
Une ordonnance peut être demandée au médecin
traitant, elle en permet le remboursement partiel.
f- la stérilité : la chimiothérapie
peut provoquer une stérilité définitive.
C'est pourquoi les hommes jeunes peuvent effectuer une congélation
de sperme au CECOS (centre d'études et de conservation
des oeufs et du sperme) avant toute chimiothérapie. Cette
congélation peut être effectuée si l'état
d'urgence le permet. Chez les femmes le risque de stérilité
est moindre et une contraception est conseillée pour éviter
toute grossesse pendant la chimiothérapie.
g- la pigmentation de la peau : pendant la chimiothérapie
il est conseillé d'éviter toute exposition au soleil.
h- les infections : (cf. toxicité hématologique).
Une prophylaxie par des antibiotiques peut être effectuée.
Elle sert à éviter certaines infections respiratoires.
Toute fièvre supérieure à 38,5 degrés
Celsius justifie une consultation en urgence et un début
de traitement par antibiotiques par voie intraveineuse.
4- Surveillance :
a- La Numération :
À la sortie de chaque hospitalisation une ordonnance pour
faire des prises de sang régulières (une ou deux
fois par semaine) est remise au malade pour surveiller :
-- le nombre de globules blancs : si leur nombre est bas, moins
de 1500/mm3, il y a risque d'infection. Dans ce cas, il est conseillé
de surveiller régulièrement la température
(une ou deux fois par jour).
En cas de température supérieure à 38,5 degrés
Celsius, il faut appliquer l'ordonnance du médecin (prendre
les antibiotiques prescrits pour ce cas) et appeler l'hôpital
où vous êtes suivi.
-- le taux d'hémoglobine : si sur la prise de sang ce taux
est inférieur à 8 gr/dl il faut appeler le centre
hospitalier qui vous proposera une transfusion.
-- le taux de plaquettes : les risques hémorragiques surviennent
à des taux très bas, inférieurs à
20 000 voir 15 000/mm3. Dans ce cas il faut appeler
le centre hospitalier pour effectuer une transfusion de plaquettes.
b- Les signes dhémorragie :
- des urines rouges.
- des selles noires.
- des vomissements sanglants.
- un saignement buccal important.
- des tâches rouges sur la peau.
Consultation en Urgence
Il est impératif d'appeler le service de
garde de votre centre hospitalier devant l'apparition des signes
suivants :
- Des plaquettes inférieures à 20000/mm3.
- Un taux dhémoglobine inférieur à
8g/dl.
- Des globules blancs inférieurs à 1500/ mm3 avec
une fièvre supérieure à 38,5°.
- Des urines rouges.
- Des selles noires.
- Des vomissements sanglants.
- Un saignement buccal important.
- De nouvelles tâches rouges sur la peau.
- Des aphtes empêchant l'alimentation depuis plusieurs
jours.
- Une diarrhée importante.
- Un essoufflement récent.
Avertissement
Les informations ci-dessus ne sont pas exhaustives.
Nous vous les présentons simplement à titre consultatif.
Votre médecin est seul apte à vous donner les conseils
qui s'appliquent précisément à votre cas.
Avant la sortie de l'hôpital, des ordonnances et des recommandations
écrites sont remises au malade par son médecin.
Il faut les appliquer à la lettre et en cas de problème
appeler le service de garde du centre hospitaliers.
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