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Cancer : la feuille de route 2026-2030 accélère la prévention, la recherche et l’équité

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À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, le 4 février 2026, l’Institut national du cancer (INCa) a réuni l’ensemble des acteurs engagés dans la lutte contre la maladie, pour le lancement officiel de la seconde feuille de route 2026-2030 de la Stratégie décennale de lutte contre les cancers.

Cet événement placé sous le haut patronage du président de la République a été l’occasion de rappeler les avancées déjà réalisées grâce à la première feuille de route (2021-2025) et les nouvelles actions à conduire pour les nombreux défis qui restent à relever. Tous les domaines de la lutte contre les cancers ont été abordés : prévention, dépistage, soins, recherche et innovation, au service des personnes touchées par le cancer et de l’ensemble des citoyens.

Les plans cancer en dates

2003-2007

Jacques Chirac lance le premier plan cancer avec l’objectif de structurer la lutte contre le cancer en France, avec des mesures comme l’interdiction de fumer dans les lieux publics et la création de l’Institut national du cancer (INCa) en 2005.

2014-2019

ce plan a été reconduit par Nicolas Sarkozy

2009-2013

François Hollande reconduit l’action pour 5 ans

2014

François Hollande signe par ailleurs un protocole d’accord pour instaurer le droit à l’oubli pour les anciens malades du cancer, leur permettant d’obtenir un crédit ou une assurance sans déclarer leur maladie passée, y compris pour les personnes traitées dans leur enfance avant 15 ans

28 février 2022

une loi scelle le droit à l’oubli pour les cancers dès 5 ans après la fin du protocole thérapeutique, quel que soit l’âge du patient au moment du diagnostic.

3 févier 2021​

la Commission européenne présente le plan européen pour vaincre le cancer, qui constitue une priorité essentielle dans le domaine de la santé de la Commission, pour une Union européenne de la santé forte. En se fondant sur les nouvelles technologies, la recherche et l’innovation, le plan cancer définit une nouvelle approche de l’Union en matière de prévention, de traitement et de soins du cancer. Ce plan appréhende l’ensemble de la prise en charge de la maladie, de la prévention à la qualité de vie des patients atteints d’un cancer et des personnes ayant vaincu leur cancer ; focus sur les mesures pour lesquelles l’Union peut apporter la plus grande valeur ajoutée.

Le plan européen pour vaincre le cancer s’appuie sur des mesures englobant tous les domaines d’actions, de l’emploi à l’éducation, en passant par la politique sociale et l’égalité, la commercialisation, l’agriculture, l’énergie, l’environnement et le climat, les transports, la politique de cohésion et la fiscalité.

4 février 2021​

(2021-2030), Emmanuel Macron annonce la stratégie décennale contre le cancer, une stratégie ambitieuse de long terme

Ouverture de la journée

Pr Norbert Ifrah, Président de l’INCa

N. Ifrah rappelle que le cancer est la 1ère cause de mortalité touchant hommes, femmes et enfants. Il est donc important de mettre en œuvre la 2ème feuille de route 2026-2030 et de se projeter à un horizon plus lointain où la maladie sera diagnostiquée plus tôt, mieux soignée grâce aux avancées de la recherche. La mobilisation doit être collective et les priorités hiérarchisées. Le bilan de la 1ère feuille de route 2021-2025 donne de l’espoir. La 2ème feuille de route sera axée sur des priorités stratégiques et dotée d’un budget de 1,7 milliard d’euros jusqu’en 2030.

« La lutte contre le cancer s’inscrit dans une démarche dynamique. L’objectif est de s’adapter à un paysage qui change avec des défis nouveaux, des défis permanents, mais aussi des défis qui mutent, à la lumière de nouvelles connaissances et priorités ».

Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, reformule les propos de N. Ifrah et souligne l’importance de bâtir une génération « prévention » car près d’un cancer sur 2 pourrait-être évité.

Philippe Baptiste, ministre de la Recherche, de l’Enseignement supérieur, de l’Espace


« Libérer le potentiel de la recherche et des données, poursuivre notre effort de recherche. Pour que cet investissement soit réellement utile, il faut consacrer des moyens »

Bilan de la 1ère feuille de route 2021-2026

Le pilotage de la Stratégie décennale est assuré par les ministères de la Santé, de la Recherche. L’Inca, comme le prévoit la loi, porte la responsabilité de la mise en œuvre et la coordination générale. 1,74 milliards d’euros pour la 1ère feuille de route 2021-2025.

Au premier semestre 2025, près de 90% de l’ensemble des actions ont bien été engagées, soit 212 actions sur 237 : 71 terminées, 141 en cours, 21 actions non démarrées et 4 à venir.

Les actions majeures menées ces 5 dernières années sont présentées autour de 7 enseignements : 

1. La prévention

Des avancées certaines comme le projet « Zéro Exposition » : réduire les expositions dans les établissements recevant un jeune public.
Dans l’objectif d’une génération sans tabac d’ici 2032, extension des espaces sans tabac et interdiction de la vente des cigarettes électroniques « puffs ».

Organisation de réseaux de recherche en prévention primaire, un programme (PAIR) « Obésités et cancers » a été lancé.

2. Les dépistages

Des progrès comme la promotion de la vaccination HPV gratuite dans les collèges et jusqu’à 26 ans et lancement d’un 4ème dépistage cancer du poumon « Impulsion » pour une population de fumeurs ciblée (Voir plus bas dans le texte).
Des strat

égies de dépistage plus personnalisée en direction de certaines populations précaires

3. Une qualité des soins sans cesse renforcée

Lancement d’un appel à projets « High Risk High Gain » sur les cancers de mauvais pronostic.

4. La recherche comme moteur de progrès

Accès à des thérapies innovantes et création d’un 1er centre CAR T. Guérir mieux sans séquelles et descalade thérapeutique

5. Une mobilisation sans précédent en faveur des cancers de l'enfant

Labellisation PEDIATRIEX : 4 centres dont PKC (Paris Kids Cancer) en Ile de France

6. Un renforcement de l'accès aux droits

Soutien des aidants, droit à l’oubli

7. L’expertise internationale de l'Institut national du cancer renforcée

Avec la création par l’INCa d’un groupe G7 Cancer rassemblant les 7 pays les plus avancés dans la lutte contre le cancer.

Allocution du président de la République Monsieur Emmanuel Macron

Le 4 février 2026, à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, le président Emmanuel Macron a présenté la seconde feuille de route 2026-2030 de la Stratégie décennale de lutte contre les cancers, encourageant la mobilisation autour des axes prévention, dépistage et équité dans l’accès aux soins.
La feuille de route s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale visant à réduire l’impact du cancer grâce à des actions coordonnées sur cinq axes clés.

5 sessions

Cinq ans, cinq priorités, cinq publics, tel est l’objectif de la seconde feuille de route 2026-2030 de la Stratégie décennale de lutte contre les cancers lancée ce 4 février 2026 par l’Institut national du cancer (Inca), sous le haut patronage du président de la République a déclaré le Pr Norbert Ifrah, président de l’Inca.

« Cette seconde feuille de route se resserre sur des priorités stratégiques », a précisé Nicolas Scotté, directeur général de l’Inca. L’Inca entend privilégier « les mesures à plus fort effet de levier ». Ce second volet disposera jusqu’en 2030 de « plus de 1,7 milliard d’euros investis sur cinq ans », soit un budget équivalent à la période 2021-2025, a fait valoir Emmanuel Macron lors de son allocution

Session 1 - « Bâtir une génération prévention »

Pr Amin Benyamina, psychiatre addictologue

Quand A. Benyamina rencontre les patients, il est trop tard. Il demande une vigilance de l’entourage, du médecin généraliste, de la société en général pour ne pas stigmatiser, essayer de comprendre comment on arrive à une conduite addictive (drogues, alcool, tabac, écrans)

Valentine Fournier, déléguée interministérielle de la MILDECA, une mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives : elle participe à des actions, notamment pour lutter contre le trafic de stupéfiants et les addictions, comme celui organisé en Martinique en décembre 2024.

Dr Philippe Bergerot, président national de la Ligue contre le cancer, vice-président de l’Inca

« Si la France souhaite vraiment aller plus loin dans la lutte contre le cancer, encore faudrait-il regarder là où elle ne va jamais. Non vers le cancer qui se soigne, mais vers celui qui s’évite : c’est-à-dire près de 40 % des cas que nous diagnostiquons tous les ans. Oui, chacun de ces quelque 170 000 nouveaux cancers, sur les 430 000 diagnostiqués en 2023, selon l’Institut national du cancer, relève bien d’une responsabilité collective. Car les choix individuels s’exercent toujours dans un environnement donné et imposé. »

Ph. Bergerot déplore les grandes injonctions comme « arrêtez de fumer », « faites du sport », « mangez bio » qui ne réussissent qu’à culpabiliser individuellement et creuser les différences d’espérance de vie, entre les plus précaires et les plus aisés. Il dénonce la vision court-termiste du curatif avant le préventif, alors que la santé de demain se pense aujourd’hui.

« La prévention reste le parent pauvre des politiques publiques, parce qu’elle n’offre pas de résultats immédiats, ni de dividendes électoraux visibles » – Le Monde du 4 février 2925

« Eradication du cancer du col de l’utérus, l’exemple australien »

L’Australie pourrait devenir le premier pays à éradiquer le cancer du col de l’utérus d’ici 2035, grâce à son programme de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) lancé en 2007 et une stratégie de dépistage innovante.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’Australie éliminerait le cancer du col de l’utérus avec un taux inférieur à 4 pour 100 000 femmes par an, d’ici à 2035. L’objectif semble réalisable grâce à une combinaison de vaccination contre le HPV, de dépistage pour traiter les infections précancéreuses et d’autres anomalies.

Pour une bonne équité de prévention, le gouvernement australien élabore actuellement un projet de stratégie nationale dans ce sens. De nouvelles interventions de dépistage, telles que l’accès universel à l’auto collecte d’échantillons de test, se sont déjà révélées efficaces pour atteindre les populations sous-dépistées.

Cette campagne se déroule normalement parce qu’il n’y a pas de mouvement d’opposition à la vaccination.

Session 2 - « Proposer un dépistage pour chacun »

Pr Sébastien Couraud, pneumologue aux Hôpitaux Civils de Lyon, dépistage « Impulsion »

Le cancer du poumon est le plus mortel des cancers chez les hommes. Le tabac est la première cause de mortalité évitable en France et dans le monde. Environ 4 millions de personnes en France sont éligibles au dépistage du cancer du poumon.

Le Pr Sébastien Couraud coordonne le programme « Impulsion », un projet pilote de dépistage du cancer du poumon en France, visant à réduire la mortalité grâce à des scanners thoraciques basse dose.

Sont éligibles à ce dépistage les personnes  (hommes ou femmes) âgées de 50 à 74 ans, asymptomatiques, consommant ou ayant consommé au moins 20 paquets-années, un paquet-année correspondant à un paquet de 20 cigarettes par jour pendant un an. Une étude de faisabilité sur 20 000 personnes est en cours. Les personnes incluses dans l’étude seront accompagnées pour un sevrage tabagique.

Toute personne se considérant éligible pourra aussi d’elle-même consulter son médecin, qui l’orientera, appeler le 3433 ou consulter le site internet dédié : www.depistage-cancer-poumon.fr (opérationnel en avril 2026).

L’attendu à un an sera la courbe de participation.
L’attendu probable : moins de cancer, des cancers diagnostiqués précocement

Stratégie « Aller vers » : « l’Hôpital prend le volant» avec le Pneumobile

Le tabagisme est un marqueur puissant social : il y a plus de fumeurs dans les populations défavorisées, éloignés des centres de soins.

Dans un contexte de raréfaction de la démographie médicale, l’accès aux soins est compliqué. La ressource scanner n’est pas disponible partout et est principalement localisée en milieu urbain. Ce dispositif mobile vise donc à faciliter l’accès au dépistage pour les populations éloignées et précaires, permettant potentiellement de diagnostiquer les cancers à des stades précoces où ils sont plus facilement curables.

Dr Catherine Grenier, médecin conseil national, CNAM

L’assurance maladie joue un rôle dans le dépistage : envoi en masse de convocations de dépistages, messages dans l’espace santé des assurés sociaux.

Dr Suzette Delaloge, Institut Gustave Roussy

Suzette Delaloge dirige le programme Interception à Gustave Roussy, axé sur la prévention personnalisée des cancers, notamment le dépistage stratifié et personnalisé pour les personnes à risque augmenté de cancer du sein

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Session 3 - « Incarner le service public »

Les politiques : la sénatrice du Calvados et le député du Lot et Garonne

Michel Lauzzana et Sonia de La Provôté ont contribué à l’adoption unanime par l’Assemblée nationale de la loi interdisant les puffs, ces cigarettes électroniques à usage unique populaires parmi les jeunes.

Dr Claire Morgand, directrice de la direction de l’observatoire des sciences des données et de l’évaluation – INCa
C. Morgand supervise la plateforme de données en cancérologie (PDC), qui vise à devenir le cœur du registre national des cancers. Elle présente le registre national des cancers comme un outil clé pour comprendre les causes et responsabilités des cancers, notamment les expositions environnementales. Piloté par l’Institut national du cancer (INCa), il reposera sur la collecte et l’appariement, de manière pseudonymisée* de données issues de sources multiples — registres de cancers, bases nationales existantes, registres locaux, données cliniques et biologiques, données de soins et de dépistage — garantissant ainsi un haut niveau de sécurité et de protection des données personnelles.

La mise en place du registre national des cancers constitue une avancée majeure pour améliorer la connaissance de l’épidémiologie des cancers. Il permet de produire et de diffuser des indicateurs fiables d’incidence et de mortalité, avec des analyses aux niveaux national, régional et infra-régional, et de renforcer les outils de surveillance de l’état de santé des populations, en appui des missions de Santé publique France.

Session 4 - « Construire un parcours de santé augmenté »

Dr Emeline Colomba, centre hospitalier universitaire La Martinique :
Les départements ultramarins ont une spécificité territoriale : ils sont vastes et éloignés de la Métropole, l’accès aux soins est difficile. Ils ont une spécificité épidémiologique : on observe des différences des taux de survie et on diagnostique les cancers dans des stades plus avancés (errance des patients qui se présentent tardivement à l’hôpital). A noter qu’il existe depuis peu un seul Pet Scan en Martinique.
Face au délai pour commencer les traitements, la disponibilité du personnel soignant (Infirmiers/médecins), le Dr E. Colomba a mis place le dispositif ONCORAPIDO qui permet une prise charge plus rapide des patients ou remettre des patients « égarés » dans le parcours de soins : coupe-file pour accéder au scanner, faciliter le relais avec le médecin de ville

Julie Pougheon, cheffe de service, adjointe à la Directrice Générale de l’offre de soins (DGOS)
La Direction générale de l’offre de soins (DGOS) élabore et met en œuvre des politiques publiques pour répondre aux besoins croissants en soins, tout en assurant la pérennité du financement solidaire, en collaboration avec les acteurs institutionnels et professionnels.

Léa Moukanas, présidente de l’Association Aïda
L’Association Aïda intervient auprès de la population des AJA (15-25 ans). Aïda fonctionne avec des bénévoles de la même tranche d’âge que les patients : 2000 bénévoles et 2200 patients accompagnés.
Léa Moukanas prend très jeune conscience de l’isolement des AJA dans des services qui accueillent des patients âgés en moyenne de 60 ans. Encore mineure, elle ne peut intervenir, elle décide à 15 ans de créer Aïda, qui permet pour la première fois à des mineurs de s’engager sur le terrain, à l’hôpital.
Au quotidien, Aïda accompagne près de 2200 jeunes entre 12-25 ans touchés par un cancer pendant leurs périodes d’hospitalisation mais également après les traitements pour les aider à se projeter dans la suite de leur vie. De l’annonce de la maladie à 5 ans après la rémission, Aïda accompagne les jeunes entre 12-25 ans qui rencontrent la maladie à un âge spécifique de transition entre l’enfance et la vie adulte. Parce qu’avant d’être malade, un jeune reste un jeune !
65% des jeunes affirment que la vie après traitement et plus dure que le traitement : le soutien est très important à ce moment délicat

Session 5 « Libérer le potentiel de la recherche et des données »

Pr Bruno Quesnel, directeur du pôle Recherche et Innovation, INCa, hématologue au Service des maladies du sang de l’Hôpital Huriez, CHU Lille

Pour avancer dans la prise en charge des patients, il faut aborder en priorité la compréhension de l’oncogenèse. B Quesnel explique le concept de mosaïcisme pouvant entraîner l’accumulation de clones dans différents organes ; ces clones résultent d’une accumulation de mutations qui se font naturellement au cours des divisions cellulaires dès la vie embryonnaire et au-delà, affectant ainsi les lignées cellulaires somatiques (du corps) ou germinales (de la reproduction). Normalement, les clones sains vont éliminer les clones malins dans une sorte de compétition. La clonalité somatique a été étudiée aboutissant à des signatures mutationnelles soit spontanées lors du vieillissement soit induites par l’inflammation ou à l’exposition à un polluant mutagène. L’évolution vers la malignité advient dans les clones quand leurs cellules sont dans une impasse pour rester en dormance.

Les signatures mutationnelles permettent d’identifier des mécanismes protecteurs (comme BRCA1 et BRCA2 impliqués dans la réparation de l’ADN), ou des mécanismes promoteurs telles que les expositions à des cancérogènes externes comme les ultraviolets ou le tabac.

La guérison :  annoncée après un certain laps de temps de rémission complète (période au cours de laquelle la maladie n’est plus symptomatique et biologiquement détectable), après une durée variable d’une maladie à l’autre.

Les cellules dormantes seraient impliquées dans certains cancers métastatiques. Des personnes, traitées avec succès pour un cancer pourraient abriter ces cellules.

On pense même que les cellules métastatiques pourraient s’être rependues dans l’organisme avant même le diagnostic de cancer. La compréhension du phénomène de dormance pourrait aboutir à agir sur le maintien de cet état afin d’éviter leur réveil et les récidives.

Mais comment cibler ces cellules ? Est-ce raisonnable d’exposer le patient à un traitement alors qu’elles ne se réveilleraient peut-être jamais ? Ces questions sont majeures et le bénéfice d’un tel traitement devra être très supérieur aux inconvénients potentiels.

En clinique, on observe un nombre croissant de patients entrant en rémission. Quid du passage de la rémission à la guérison, compte tenu qu’il y a peu de thérapies de maintenance par contrôle de la Maladie Résiduelle (MRD) ?

Quelques essais cliniques sont en cours pour tester des thérapies potentielles visant ces cellules tumorales dormantes.

Par exemple, un essai clinique américain de phase II est en cours au Département de médecine de l’Université de Pennsylvanie « Targeting dormant tumor cells to prevent recurrent breast cancer: a randomized phase 2 trial Nature Medicine, 2025

 

Pr Valérie UGO, présidente du conseil national des universités santé (CNU), CHU Angers

Valérie Ugo, déléguée à la recherche en santé à Angers, travaille sur des projets visant à améliorer les thérapeutiques de maintien de la rémission.

V UGO aborde les problématiques de traitement, de rémission et de guérison en proposant d’impliquer les patients à qui l’on doit un retour sur le nécessaire partage de leurs données, ainsi qu’une information de qualité sur les réseaux sociaux sur lesquels des personnes malveillantes déversent des idées fausses comme guérir les cancers en arrêtant les traitements. Mais on est confronté à la génération de données (type -omiques) peu accessibles : il faut vulgariser en s’emparant des outils de Sciences Humaines et Sociales (SHS). Il y a un projet international pour atteindre la cette finalité des données.

 

Pr Jean-Hugues Dalle, chef du service d’hémato-immunologie pédiatrique, Hôpital Saint-Louis (Paris).

JH Dalle est co-fondateur et Vice-Président du HTC Project, une initiative soutenant la recherche et l’innovation médicale dans le domaine des greffes de moelle osseuse.

Le HTC Project* donne les moyens financiers aux médecins et aux chercheurs du monde entier d’enrichir les connaissances sur les mécanismes biologiques de la greffe de moelle pour mieux comprendre, prédire et traiter toutes ses formes de complications.

En effet, la greffe de moelle osseuse sauve des vies.  Si son intérêt thérapeutique est largement reconnu par la communauté scientifique internationale, ce protocole médical n’est cependant pas sans risques pour les patients.

JH Dalle rappelle que le cancer touche 1 enfant sur 450, c’est une maladie rare. De plus, la maladie touche une population vulnérable dont l’organisme est en pleine croissance.  On utilise des armes de destruction massive sur des cellules en division pour éradiquer le cancer. Il y a des conséquences à long terme même si les enfants font preuve d’une grande résilience en supportant des traitements très agressifs. Par ailleurs l’on guérit plus de 85%, probablement 90 % des enfants atteints d’un cancer, ce qui est bien mais il faut absolument parvenir à guérir les derniers 10%.

Compte tenu de la rareté des cancers de l’enfant, la réponse est à l’international avec une plateforme structurée de collections d’échantillons et de données partagés comme le réseau européen ITCC (Innovative Therapies for Children with Cancer). L’innovation est à l’œuvreet on en attend beaucoup.

 

*l’Association Laurette Fugain a participé à son financement

Clôture de la journée Nicolas Scotté, directeur général de l’INCa

Nicolas Scotté reprend les temps forts de la journée notamment les engagements du Président de l’INCa et du Président de la République. Il s’est personnellement engagé pour tous les financements alloués à la 2me feuille de route de la stratégie décennale 2026-2030.